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La mode sur les blogs d’auteurs est plus aux bilans et aux objectifs en ce mois de janvier. Je compte bien suivre le mouvement (parce que je suis un vrai mouton, et que j’adore parler de moi. Alors quand on me donne une bonne raison, hein… ), mais… avant de faire mon bilan 2018, il me paraissait important (pour moi) de parler de Duel.

Du pourquoi, du comment, du qui, de ce qui fait que cette histoire a vu le jour, et dans quel contexte.

J’ai commencé la rédaction de Duel en août 2015. Quelques semaines avant de me lancer, bille en tête, dans une licence de management/finance que j’ai mené de front avec un travail à 100% (la première année – j’ai réduit à 90% l’année suivante. Pas complètement folle la guêpe).

Pourquoi ? C’est tout bête, quand j’y pense. En plein milieu de mes vacances bien méritées, avec une bibliothèque pleine à craquer, je me retrouvais en panne de lecture. Le comble (voire le désespoir – parce que l’air de rien, ça coûte un petit bras tous ces jolis tomes qui prennent la poussière) !

Ça nous est déjà arrivé à tous. Et ma technique habituelle dans cette situation, c’est de refermer le bouquin, râler un coup, puis d’en ouvrir un autre. Ou lancer Netflix, au choix. Mais après une énième déception face à une héroïne insipide, qui se retrouve embarquer dans une relation abusive et complètement WTF, j’avais décroché pour de bon. J’adore la littérature young-adult, j’adore le SFFF de manière générale. Et j’apprécie vraiment d’y croiser de plus en plus d’héroïnes femmes.

Mais j’étais fatiguée, ô combien fatiguée de toujours rencontrer la même demoiselle d’une histoire à une autre.

De qui je parle ? Mais de cette héroïne, voyons. Vous savez : elle emménage avec sa mère/son père (mais toujours un seul parent, histoire de faire un peu de souspens pour les tomes suivants ohohoho), ne connait personne dans le quartier, est toute timide. Souvent blonde ou rousse, d’ailleurs. Un canon intersidéral aussi, mais qui est persuadée d’être complètement banale « et c’est cette innocence qui la rend si belle ». Gniarf.

Et alors qu’elle sort pour faire les courses / faire le tour de la ville dans sa vieille voiture brinquebalante, elle tombe nez à nez avec son voisin. Pas le gros Robert qui vide ses poubelles en marcel avec les abdos Kro saillants. N-a-n. LE voisin. Il a son âge +2 ou 3 ans. Est évidemment beau comme un dieu. On aperçoit souvent la ligne de poil qui court de son nombril vers les replis « ouloulou » de son corps. *siiic* Voire, il se trimballe carrément torse nu.

Habituellement affublé d’un nom à coucher dehors, sa beauté n’a d’égale que ses manières de petit con qui ne méritent pas que notre douce heroïne s’interesse à lui. Mais hey ! Il suffit qu’il humilie notre jolie blondinette deux fois pour qu’elle tombe irrémédiablement amoureuse de lui.

Non. Non. N-o-n. Je n’y arrive plus. Ce schéma de la gentille fille qui doit sauver l’homme torturé, j’en ai soupé. Alors voilà, après l’excellent « Geste des éxilés » de Bettina Nordet, je ne savais plus quoi lire.

Ce schéma de la gentille fille qui doit sauver l’homme torturé, j’en ai soupé

Je me suis donc installée devant mon PC, et j’ai commencé à lister toutes les idées qui me trottaient en tête depuis plusieurs années. Celle qui s’est imposée comme le point central de mes réflexions a évidemment été le concept de duellisme judiciaire. Je voulais me concentrer là-dessus, proposer le récit initiatique d’une badass (oui, c’est assumé).

Alors j’ai commencé à ébaucher un monde ; à travailler sur une Histoire, depuis notre époque jusqu’à quelques centaines d’années après mon récit. Pourquoi on en arrivait là ? Comment ? Qui ? Quoi ? Et puis, se passe quoi après ?

Je ne vous le cache pas : j’ai de quoi écrire plusieurs séries de livres avec cet univers !

Mais l’histoire d’Heza telle que vous la connaissez (ou allez la connaître, pour les petits canailloux qui ne se seraient pas encore laissé tenter par mon merveilleux livre ! ) a mis beaucoup, beaucoup de temps à germer.

22 réécritures du livre ont été nécessaires pour arriver à la version finale.

23 relectures donc (et les autres – haha) après lesquelles je me suis dit : « nan, on y est toujours pas ».

J’ai écrit la première version du livre en 2 mois. Plus de 120’000 mots, un pavé plein de clichés, d’erreurs et de maladresses. Mais petit à petit, je l’ai ébauché. J’ai coupé, sabré, peaufiné.

Au final, j’ai retrouvé dans l’écriture beaucoup de sensations propre au dessin que j’affectionne. Mes 21 premières versions, ce sont les croquis. Les schémas qu’on fait rapidement en dézoomant son écran, pour voir si la composition plaît ou non. Si les lumières et les ombres fonctionnent, si les formes permettent une lecture intelligente de l’illustration. On tatonne, on sent qu’on tient quelque chose mais… que ce n’est pas encore ça.

J’ai commencé à envoyé mon roman aux bêtas-lecteurs aux alentours de la 18ème version. Et ce sont mes sœurs et mon compagnon qui m’ont donné les clés qui m’ont permis de finaliser la version 22. Alors pour le plaisir de vos yeux, les commentaires qui ont permis de finaliser mon récit :

On sent que tu ne sais pas où tu vas

Je ne travaille pas avec des plans. Je n’y arrive simplement pas, les persos s’en échappent constamment, et c’est un trop grand plaisir de les voir vivre pour m’en priver. Mais ma sœur m’a fait ce commentaire très juste ; sans savoir où tu vas, difficile de faire accrocher le lecteur. Et elle avait raison. Alors j’ai travaillé la trame complète du roman, les 4 tomes à venir, en définissant les grands axes. Ce qui allait se passer, qui, quoi, comment, où, sans rentrer dans les détails d’un plan mais en ayant tout de même une idée précise de ce qui se passerait. Et ça a tout changé.

Sans passer par l’étape « plan » que j’honnis, j’ai pu intégrer des éléments dans le récit qui prendront tout leurs sens dans les tomes à venir. J’ai aussi su créer une certaine tension dans le développement d’Heza – dans la construction et la déconstruction du personnage.

Les persos secondaires, ce sont des Robins en puissance

Non, ils ne portent pas de collant en lycra et de petits masques : mais ils étaient « inconcistants », des faire-valoirs. Pour parer à ce point-là, j’ai créé pour chacun de mes personnages secondaires (Ajit, Mira, Moran, Jo, Madrah, Adara et la Famille Delacroix) des timelines complètes pour la durée des 4 tomes et pour ce qui se passe avant. Je pourrais écrire l’histoire de Duel de leur point de vue sans soucis, parce qu’ils ont « une histoire » qui se passe quand ils sont hors caméra. Chacune de leurs réactions est le résultat de leur expérience, état d’esprit, personnalité, et non pas un outil pratique pour faire faire à mon héroïne ce que je veux qu’elle fasse. Et clairement, ça m’a des fois mis des bâtons dans les roues. Mais c’est comme ça ! Et c’est super !

Y’a trop de moment fan-girl

Eh oui, j’avais fait ce que je reproche aux livres qui m’exaspèrent ! Tout le monde était beau, et je me plaisais à le répéter à l’envie. Petite claque dans les dents quand tu te rends compte que tu es quand même très prompte à la critique sans être toi-même capable de te détacher de ces procédés commerciaux. Mais voilà – j’ai retroussé mes manches et, en même temps que j’ai travaillé les histoires des personnages secondaires, je les ai « humanisé ». Fini le « ses yeux bleus océans sur son corps d’éphèbe » et bonjour « sa lipe pendante sur un corps trop musclé ». Voilà – déso pas déso, on peut pas tous être mannequin.

Meuf, tes persos se douchent un chapitre sur 2

Okay. Semblerait que j’insistais TRÈS lourdement sur l’importance d’une bonne hygiène personnelle dans mes premières versions du récit. Ma sœur s’est amusé à compter les occurrences du mot « douche » dans l’histoire, et on arrivait a 60+ si je me goure pas. Complètement inutile donc, surtout que ça n’apportait rien au récit (si, en fait – vous saviez qu’Heza était super propre et sentait la fraise. Mais maintenant vous le savez aussi – nice ? Nice.)

Voilà – cet article, aux allures de journal intime, est décidément très long (je vous l’ai dit, j’adore parler de moi !)

Tout cela pour dire que tout travail de création prend du temps, passe par des moments de doute, par des remises en questions, par des phases où l’on a purement et simplement envie de tout foutre en l’air. Et c’est vraiment super.

Un jour, peut-être, je m’amuserai à poster des petits extraits de mes premiers jets de Duel. Qui sait… !

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